Le Goût du Pouvoir

Le désir de dominer l’autre est fortement ancré en l’homme. Même dans les sociétés civilisées il perdure, résiste, s’impose. Il peut prendre quantité de formes et versions. Mais toujours il est le même. Le désir de dominer ce que l’on juge inférieur, faible. L’esclavagisme, le « sexe faible », les enfants, les animaux. À tous les échelons de la vie humaine, dans une nation (le roi dirige le peuple), dans une communauté (le gourou dirige ses disciples), dans le clan (le parrain dirige ses lieutenants), dans une entreprise (le patron dirige ses employés), dans l’armée (le général dirige ses troupes), dans la famille (le chef dirige ses membres), dans le foyer (le père dirige).

L’homme a toujours cherché à dominer l’autre afin d’imposer ses idées, ses croyances… par sa force, son pouvoir, l’argent, sa position sociale, sa position familiale…

Aujourd’hui dans tous les pays du monde la domination des uns sur les autres s’impose. Dans les pays occidentaux nous n’en sommes pas exempts. Souvent elle se manifeste sous une forme voilée. On impose notre éducation à nos enfants ; on impose notre force au règne animal, beaucoup d’animaux sont mal traités ; les politiciens imposent leurs lois aux citoyens qui les élisent ; les religieux à leurs ouailles… les disparités hommes-femmes en sont également un bon exemple. Combien de femmes sont mal-traitées, abusées, battues, sous prétexte qu’elles sont faibles. Combien d’enfants, car dans beaucoup de familles ils n’ont pas le droit à la parole, ou sont si influençables, si malléables que l’on peut faire ce que l’on veut de leurs petits corps et leurs chères têtes.

Dans les pays où domine le pouvoir religieux, les « infidèles » sont persécutés, ceux considérés comme inférieurs ou dépendants naturellement, comme les femmes et les enfants, encore une fois.

L’esclavage existe encore dans certaines contrées, de façon ouverte.

C’est si facile, si lâche, de s’en prendre à ceux qui n’ont pas le pouvoir, qui dépendent de soi, par la force physique ou morale, par ce qu’ils ont la loi juridique ou religieuse contre eux… C’est si agréable de pouvoir commander l’autre, le plier à sa volonté, en faire ce que l’on veut. Si agréable et si valorisant. Alors quand on peut le faire, pourquoi s’en priver ? Surtout qu’il y a toujours quelqu’un au-dessus de soi qui abuse de son autorité. C’est aussi une façon de se venger. Et si ce n’est pas moi qui manipule, c’est l’autre qui me manipulera. Parce que les relations humaines fonctionnent ainsi. Il y a un dirigeant et un dirigé. Un dominant et un dominé. Et qu’il vaut mieux être du côté de celui qui tient la trique. Et se régale.

Combien de femmes souffrent dans le monde d’être mal-traitées, abusées, violées, leurs droits bafoués, rabaissées ?… Combien sont obligées de porter un voile pour plaire à leur homme, à leur père, à leur fils ?… Combien voudraient arracher ce voile et ne le peuvent pas ? Combien souffrent ?…

Quand l’homme comprendra-t-il qu’une vraie relation, juste, bonne, responsable, ne dépend pas de son pouvoir sur l’autre ? Qu’il est plus agréable, plus utile, plus entier d’être à égalité, que chacun puisse s’exprimer, faire valoir ses droits et ses qualités d’être humain. Pour l’enrichissement de tous ; pour le bonheur de tous.

Mais non, on préfère dominer. C’est plus facile à vivre, plus simple, plus agréable. Imposer ses opinions, c’est avoir la paix, ne pas entrer dans des discussions qui nous désagréent… C’est vivre les traditions, parce qu’il en a toujours été ainsi.

Quand est-ce qu’on changera ? Quand changera-t-on nos mentalités ? Qu’on acceptera de regarder l’autre avec amour et respect. Le vrai respect. Le véritable amour. Pas celui qui est jaloux, possessif.

Liberté. Équité. Amour.

Ce n’est qu’une question d’Intelligence. Apprendre à se dégager de ses conditionnements, de ses aberrations, de ses croyances et superstitions fondées sur des mensonges.

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Le Jardin des Libertés #3

C’est le roman le plus politique et le plus sentimental que j’ai écrit.

Cette histoire m’a été inspirée par deux faits marquants. Tout d’abord dans mon ancien travail d’animateur, par l’histoire personnelle d’une enfant dont je me suis occupée. Puis par les événements lors des élections présidentielles de 2002, quand le F.N. est arrivé au deuxième tour, pour le contexte. Non pas que je sois un opposant à un quelconque parti politique (en réalité je n’appartiens à aucun groupe qu’il soit politique, social, religieux ou même philosophique), mais ce qui m’a inspiré c’est la peur que cela a suscité chez beaucoup de gens, et le rappel que la poussée de l’extrême droite a fait remonter de mes études d’histoire concernant le siècle précédent, avec l’arrivée au pouvoir du nazisme et tous les autres régimes fascistes en Europe, dans les années 1930, qui à l’époque avait plutôt été bien accueilli par une large majorité des populations dans les pays concernés, sans que que grand-monde ne prenne conscience des risques réels que cela allait engendrer.

J’ai donc imaginé une Europe où le fascisme ferait son retour, en exagérant les faits, sans doute. Dans mon histoire j’y ai inclus quelques autres phobies inspirées par les événements récents, la guerre israëlo-palestinienne qui n’en finit pas, les haines raciales… (notre monde n’en manque pas), ainsi que les problèmes écologiques de réchauffement dont les conséquences sont encore à venir.