L’Oublié des Dieux – La Malédiction

Comme l’écrivait le poète, je voudrais m’écrier avec lui :
« – Ah ! Seigneur ! donnez-moi la force et le courage
De contempler mon cœur et mon corps sans dégoût ! »

C’est difficile d’être un homme. C’est dur de vivre. De vivre avec sa conscience. De ne pas pouvoir se confier, on est si seul en ce monde ! Ne pas pouvoir dire toute la vérité. La connaît-on seulement ! On change tellement. Si vite. Savons-nous seulement qui nous sommes ?
Il est des choses terribles. Comme ne pas pouvoir dire à un ami tout ce que l’on a sur le cœur, parce que c’est impossible. Pour ne pas le froisser, ne pas le blesser. Pour ne pas voir le mépris dans son regard, l’incompréhension, le doute. Parce qu’on a peur de ne plus être aimé, admiré. Parce que parfois la vérité blesse ou qu’elle est difficile à être acceptée. Elle peut faire beaucoup de dégâts…

Je suis le témoin vivant d’un monde disparu. Je suis un monstre, une erreur de la nature, victime d’un terrible maléfice.

J’ai trop vécu pour être quelqu’un de bien
trop souffert et trop fait de mal
pour demeurer une âme pure.

Mais n’est-ce pas le lot de chacun ?
Sauf que moi je n’ai pas oublié…

J’ai trop parcouru les sombres sentiers
sur lesquels j’ai perdu tout espoir de rédemption
pour ne pas être dégoûté de ce que je suis
écœuré par les hommes et leurs désirs odieux
leurs passions insatiables et leur bêtise indécrottable.

J’ai commis tant d’actes ignobles
que je ne puis demander pardon !

Sans oubli on ne peut reposer en paix
agir avec la conscience tranquille
et poursuivre sa destinée sereinement.

Je voudrais tant que tout finisse
ne plus me souvenir
de toutes ces folies…

Comment peut-on demeurer sain d’esprit, le cœur joyeux, quand un nombre incalculable de vies de souffrances accumulées vous emplit ? Pouvez-vous seulement imaginer ce que cela fait de se débattre avec des siècles de souvenirs, ne rien pouvoir oublier !
C’est une torture insupportable. Et pourtant, c’est fou ce que l’être humain peut endurer de tourments, quand il n’a pas le choix.
Quand je pense à tous ces fous qui ont cherché l’élixir de vie ! L’immortalité dans un corps sain, peut-être, mais pas avec un esprit torturé. Et qui peut dire qu’il est suffisamment parfait pour la mériter ? Des ignorants et des êtres sans cervelle, mais pas des gens qui ont toute leur raison !
Pauvres êtres humains que nous sommes, viles créatures méprisables et insignifiantes qui se prennent pour la Lumière, alors qu’ils n’en sont que son ombre ; qui se pensent les dieux qu’ils ont chassés de leurs croyances ; et se croire toujours le centre du monde. Même si aujourd’hui on sait que la Terre est ronde et qu’elle tourne autour du Soleil avec son cortège de planètes, nous sommes toujours aussi bouffis d’orgueil.
Mais je m’égare…

D’aussi loin que remontent mes souvenirs
en cette vie si lointaine
où tout était si différent
et dont le fond, pourtant, a si peu changé ;

Je maudis ces jours amers
et ce geste fatal
commis avec insouciance
dans la plus grande innocence.

Tout commença pour moi il y a très longtemps…

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Civilisation (pour une réforme des mentalités)

     Sommes-nous des êtres civilisés ?

Qu’est-ce qui fait qu’un peuple est civilisé ? Et peut-on dire aujourd’hui que notre société est civilisée ?

D’après le dictionnaire, la civilisation est « l’ensemble des caractères communs aux sociétés évoluées » ; « ensembles des caractères propres à la vie intellectuelle, artistique, morale et matérielle d’un pays ou d’une société ».

C’est-à-dire qu’une nation dite civilisée est une nation où la fraternité domine dans les rapports entre citoyens et où les vices et corruptions ont disparu. Avant cela nous pouvons parler de peuple éclairé, et encore avant de barbarie ou peuple sauvage. Où nous situons-nous dans cet ordre des choses ?

     Il faut considérer l’ensemble d’un peuple pour décider de sa position. Ce ne sont pas des cas isolés qui peuvent trancher, même si leur influence peut apporter beaucoup. C’est le plus grand nombre qui décide et donne son caractère et ses qualités à l’ensemble. Même si quelques sauvages ou hommes très éclairés peuvent coexister à l’intérieur d’une même population. Les plus sages serviront uniquement de guides.

Le terme civilisé induit qu’une majorité des individus composant la population ait développé une intelligence et des aptitudes morales de bienveillance et de générosité, dirigées vers le bien-être de tous. C’est une société où il n’y a plus de privilèges, puisque la justice est la même pour tous ; et où les forts aident les plus faibles. Les croyances et opinions de toutes sortes sont respectées ; la liberté d’expression circule sans entrave. Plus une société évolue vers la civilisation, et moins l’orgueil et la cupidité, les ambitions personnelles sont présents, de même que tous les préjugés, ceux concernant les différences, les iniquités dues au sexe, à l’âge ou à la couleur de peau, aux diverses origines ; ainsi que les inégalités de « castes ». Il y a donc davantage d’équité entre les individus, plus de liberté ; les miséreux sont pris en charge et aidés dans un élan de fraternité ; les soins assurés pour tous et personne ne manque plus du nécessaire, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de « pauvres ». Il existe toujours des différences de richesse, mais personne n’en souffre, car l’argent, comme la position sociale dominante ne servent plus des intérêts personnels, mais le bien-être général.

     Maintenant que nous avons défini ce qu’était une société civilisée, voyons si nous pouvons l’appliquer à nos sociétés occidentales actuelles.

Nous pouvons constater que beaucoup de progrès ont été réalisés dans de nombreux domaines. Ceux de la santé, des libertés (bien que la liberté d’expression soit parfois plus apparente que réelle, car certains sujets demeurent tabous ; et les médias ne sont pas non plus toujours neutres…), des communications, etc. Il n’y a plus d’esclavagisme ouvert, le travail des enfants a été supprimé. Mais de nombreuses histoires de corruptions demeurent, nos dirigeants étant sans arrêt mouillés dans des affaires « sales » ; des problèmes de racisme avec profanation et messages de haine ; le terrorisme fait de nombreuses victimes ; les violences en tout genre émaillent les journaux, conjugales, pédophilie… et des « communautés d’individus », telles des castes, privilégient encore leurs membres au détriment des compétences.

La justice favorise les riches ou les personnages influents (on le constate chaque jour dans les affaires qui éclaboussent les milieux politiques et d’affaires) ; le travail n’est toujours pas rémunéré de la même façon selon les gens, leurs origines ou leur sexe.

Il ne peut y avoir égalité parfaite entre les citoyens, car les êtres humains sont tous différents. Cette différence doit être préservée, protégée, favorisée, pour la richesse de la diversité qu’elle apporte, plutôt que combattue. Il y aura toujours des différences entre hommes et femmes. Des différences de richesse. Il n’y a aucun mal à ça, du moment que personne n’est exclu ni ne manque de rien. Cependant une recherche d’équité s’impose. (je propose donc que nous modifions notre devise nationale en « liberté, équité, fraternité »!)

     Le constat fait, tentons à présent un début d’explication.

Dans les temps de barbarie, ce sont les plus forts qui font les lois à leur convenance, pour leur propre bénéfice (ce que nous retrouvons dans certains pays en voie de développement) et réduisent les peuples à l’esclavage. L’esclavage est un abus de la force. N’est-ce pas ce vers quoi nous tendons de nouveau, les riches, les puissants imposant leurs opinions aux autres.

Les gouvernements imposent leurs idées contre l’avis de leurs citoyens qu’ils sont chargés de représenter (cf Maastricht où le peuple français à voté contre à la majorité ; la Grèce où le peuple grec a voté pour sortir de l’Europe et où les politiciens européens font tout pour les y maintenir).

Aujourd’hui la politique mondiale est une honte. Sous prétexte de défendre les droits de l’homme, les gouvernements « éclairés » s’ingèrent dans les affaires personnelles des autres pays, imposant des dictatures déguisées. Au nom du dieu tout puissant : l’Argent, ils trompent leur monde et déclenchent des guerres. Sous des prétextes fallacieux pour détourner l’opinion publique, ils s’emparent des richesses, gisements, sources d’énergie, avec une hypocrisie affichée déroutante.

Le devoir des peuples plus éclairés est d’aider les autres (de façon désintéressée), non d’intervenir dans leurs affaires, de placer des pions à leur solde à la tête de ces états, sous peine de les écraser et prendre possession de leurs biens. Tout le monde le sait et tout le monde laisse faire !

Pourquoi tout cela ? Pourquoi ce constat amer de tant de barbarie, dans un monde qui se dit pourtant civilisé ?

Parce que nous sommes encore gouvernés par des élites qui s’accrochent à leurs privilèges ; qui aiment briller aux yeux du monde ; professant ouvertement (pour ceux qui voudraient le vérifier) dans leurs écoles de considérer les citoyens de « base » comme des masses qu’il faut soumettre, en les maintenant dans un état de peur permanente afin d’obtenir d’elles qu’elles se comportent en troupeau docile.

L’orgueil, la cupidité, la reconnaissance sociale, les titres, la suffisance, l’ambition démesurée, les désirs de richesse dominent les esprits. Des élans de générosité jaillissent régulièrement au sein des populations, mais cela n’est pas systématique, trop de gens vivant dans la misère et le dénuement… non-désirées. Les inégalités face aux soins sont criantes.

C’est par l’éducation, en en faisant bénéficier le plus grand nombre qu’une nation acquiert sa civilité. Or aujourd’hui les politiques et autres gouvernants font les lois dans leur intérêt en tentant d’asservir les masses qu’ils qualifient de moutons bêlant. Une société qui a des lois sévères, avec une justice qui s’attache plus à punir qu’à prévenir et à tenter de tarir la source du mal plutôt que de frapper sur ceux qui en sont victimes, même s’ils se laissent aller aux tentations, est une société qui n’œuvre pas pour le bien de ses membres. C’est le signe de dirigeants qui calculent et se servent de tous les moyens à leur disposition pour faire leur propagande et maintenir le peuple dans un état d’hébétude et de terreur.

Que ce soit l’activité des gouvernements américains dans le monde ou de nos chefs d’état, ainsi que des différents partis politiques parvenus au pouvoir, ils ont tous œuvré dans le même sens depuis des années, celui d’abêtir les populations, de les effrayer en les maintenant dans une fausse idée d’insécurité, afin d’avoir les mains libres pour faire passer leurs lois, se servant des médias et de la publicité comme moyen de propagande. Ainsi parviennent-ils à attirer les regards, créant des envies et des besoins qui n’en sont pas, afin de détourner l’attention des vrais problèmes.

C’est par l’éducation et non la répression que l’on parviendra à réformer les hommes. Tous les moyens mis en place actuellement par les gouvernements prouvent qu’ils cherchent plus à instaurer un état policier, une nouvelle sorte de dictature (avec l’accord des populations apeurées, une dictature des gouvernements démocratiques, de la pensée…) sur les masses citoyennes, plutôt que de vouloir les éduquer, en les faisant participer à la vie sociale du pays (d’où elles sont de plus en plus écartées). Leur but (non avoué) est de gouverner (par tous les moyens), diriger le monde à leur façon, s’enrichir personnellement et briller dans la « haute société », qu’ils transforment en caste infranchissable, en dehors d’un petit cercle restreint, que d’entraîner le peuple vers le progrès et le Bien. Sans parler de complot mondial, mais de simple entente cordiale entre « grands » de ce monde.

     Quelle attitude devons-nous adopter ?

À mon avis, suite à toutes ces constatations, notre intérêt n’est pas de réagir à tout cela, car en nous y conformant ou en nous opposant nous faisons le jeu du système, réaction prévue par les dirigeants qui peuvent alors répondre par encore plus de répression ou l’exclusion. Non, à mon sens, il suffit juste de prendre conscience de ce qu’il se trame pour nous en détacher et ne plus répondre à leurs attentes. Ne plus voter (pour ne plus cautionner leurs agissements, sans avoir peur de ce qui adviendra, cela ne nous regarde plus), ne plus subir les pressions sociétales, ne plus regarder les infos « désinformantes » dont ils nous gavent à la télé ou dans les quotidiens, pour ne plus s’en affoler, ne plus se laisser envahir et dirigés par la publicité qui fait tout pour nous créer de faux besoins…

Je ne cherche pas à transformer les gens, mais à ouvrir les yeux sur la réalité, sans haine, sans peur, détaché de tout ; à partager mes impressions et compréhensions. Nous sommes tous des êtres humains, ce qui veut dire que nous sommes tous imparfaits. Nous avons nos qualités et nos défauts. Nous commettons des erreurs. Cela ne nous empêche pas d’œuvrer pour le bien de tous, pour une société plus juste et fraternelle, d’avancer vers le progrès… Ce n’est pas une utopie. Un monde parfait n’existera jamais, mais nous pouvons continuer à améliorer les choses, comme cela a toujours été fait.

Ce n’est que lorsque nous serons nombreux à avoir pris conscience des processus et avoir changé nos mentalités que les choses évoluerons dans le bon sens, par l’exemple et l’accumulation des bonnes intentions.

     En conclusion, nous pouvons dire que nous ne sommes plus un peuple barbare, mais pouvons-nous, après ce que nous venons d’énumérer parler de civilisation ? Comme nous avons des pays en voie de développement, nos sociétés sont en voie de civilisation, mais on ne peut pas dire que nous sommes civilisés. Loin s’en faut.

Même si au cours de ces derniers siècles, voire des dernières décennies, nous avons fait de nombreux progrès, nous voyons que nous sommes encore loin de satisfaire aux conditions de civilisation. L’équilibre est fragile. Sans risque de chuter et revenir en arrière, parce que c’est l’ensemble de la population mondiale qui progresse, certaines avancées sont freinées, voire arrêtées, dans certains domaines, les apparences vont plus vers un retour à la « barbarie », même si globalement nous poursuivons notre progression vers la civilisation, juste plus lentement qu’au cours du « siècle des lumières » et de la « Révolution Française », ou des « Trente Glorieuses », des progrès réalisés dans l’après-guerre où tout était à reconstruire, qui sont et demeurent de grands moments dans l’histoire de l’humanité de notre petit globe. Faudra-t-il donc encore une révolution ou une autre guerre pour faire de tels progrès ? Je ne le souhaite pas, mais après tout ce n’est pas moi qui en décidera, et seul l’avenir nous le dira.